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Rubrique Cycle 3

Enseigner et évaluer l’oral

Le 16 mars 2018 - Julie Meunier

Cette article correspond à la partie à distance de l’animation "Enseignement et évaluation du langage oral au cycle 3". Vous trouverez en bas de page une version PDF de cet article pour une lecture sur papier.

L’enseignement/apprentissage de l’oral peut suivre plusieurs approches didactiques :

• L’approche communicationnelle
• L’approche discursive
• L’approche intégrée
Ces trois approches ainsi que les activités possibles sont décrites dans ce document synthétique :

Eduscol : Les 3 entrées didactiques

Les difficultés de l’enseignement de l’oral

Un objet complexe

• La pratique de l’oral est transversale à toutes les disciplines : il est donc difficile d’isoler des objets d’enseignement à travailler ;
• l’oral implique l’ensemble de la personne, d’où un sentiment d’insécurité ;
• l’oral est profondément marqué par les pratiques sociales de référence ;
• les activités d’oral sont coûteuses en temps et en énergie ;
• l’oral est difficile à observer et complexe à analyser ;
• l’oral ne laisse pas de trace et nécessite, pour son étude, des enregistrements techniquement exigeants ;
• l’évaluation de l’oral nécessite beaucoup de temps ;
• les indicateurs de maîtrise de l’oral ne sont pas clairement synthétisés.

Le contre-étayage possible de l’enseignant

• Des exigences excessives en matière de formulation linguistique ;
• le naufrage dans des boucles lexicales : l’enseignant demande de définir un ou plusieurs mots, au détriment de la tâche discursive elle-même, sans que les élèves le demandent ;
• la parole monopolisée par certains élèves leaders ;
• la non prise en compte de la parole de certains autres élèves ;
• la manifestation de l’impatience de l’enseignant.

Les obstacles pour les élèves

(Michel Grandaty, Professeur des Universités en sciences du langage, ESPE de Toulouse, Séminaire ESEN mars 2014).

• passer d’un oral pratique à un oral scriptural (de la pensée en contenus) ;
• acquérir le statut d’interlocuteur (écouter et être écouté) ;
• participer à une tâche langagière collaborative (raconter, expliquer, décrire…), parler à plu-sieurs ;
• intégrer le lexique et la syntaxe dans un acte individuel de langage oral (précision et clarté de la formulation), viser le mot juste (« le scotch colle au carton » vers « l’axe est fixé sur l’essieu »).

Trois volets pour lever ces obstacles

• la construction d’une tâche disciplinaire (consigne et dispositif) ;
• la définition explicite d’une tâche discursive aux élèves (interlocution et conduites) ;
• la gestion des postures et des statuts des participants (rôles et attentes), le plus difficile.

Les gestes professionnels

Extraits de la conférence de Jean-Charles Chabanne, professeur des Universités en sciences de l’éducation (séminaire de l’ESEN, mars 2014).
Trois niveaux de gestes professionnels sont à considérer :

Le niveau « macro »

L’oral peut être programmé à différentes échelles (année, semestre, semaine) sans oublier l’intérêt au niveau du cycle.
Sa présence doit être réelle dans l’emploi du temps (quel oral ?).
Il est important de prévoir le type d’oral : formel ou informel ?

Le niveau « méso »


Il s’agit d’identifier les genres oraux scolaires implicitement formalisés et intégrés aux activités : où est l’oral dans une séquence ordinaire ?

• dans un oral monogéré : micro exposé, lecture à voix haute, récitation, compte-rendu oral, commentaire d’image ou de schéma ;
• dans un oral polygéré : questionnement, débat.

Dans la préparation d’une séance, il est utile d’anticiper sur :

• le positionnement de l’oral : quand ?
• la gestion du groupe : à combien ?
• la durée pour préparer, s’entraîner, parler.
• le degré de formalisation : évaluation par qui ? avec quel outil ?

Institutionnalisation et formalisation :

• rendre visibles les apprentissages, permettre l’auto évaluation ;
• désigner ce qu’on fait en donnant un nom aux genres travaillés ;
• mettre en place des rituels en confiant aux élèves des rôles explicites : dispositif, contrôle du temps.

Le niveau « micro »

Ce niveau concerne ce qui se passe au niveau de la séance, l’oral invisible au cœur de l’activité.

Un groupe d’élèves qui travaillent seuls à l’oral, c’est :

• une conversation continue ;
• des interventions réparties ;
• un degré d’engagement dans l’échange et les activités connexes ;
• des traces résultant des échanges : notes, matériel… ;
• des retours réflexifs sur cet oral.

Le rôle de l’enseignant se définit selon cinq catégories (Bruner) :

• l’enrôlement, la finalisation : rappel des acquis, du but
• le balisage des échanges : ouverture, fermeture des développements thématiques
• l’étayage : prise en charge des difficultés
• la régulation : contrôle des frustrations, des tensions, des conflits
• l’évaluation : institutionnalisation.

Afin que ces gestes soient effectifs, des conditions pédagogiques sont nécessaires :

• donner du temps effectif et reconnu à l’oral ;
• formaliser son enseignement selon quatre niveaux : un enseignement des genres oraux formels, un enseignement formalisé de la langue orale (séances spécifiques), un oral intégré formalisé (institutionnalisation, déclaration du savoir), un oral intégré non formalisé (interaction de tutelle) ;
• concevoir des situations élaborées didactiquement ;
• expérimenter des outils numériques pour enregistrer/réenregistrer, éditer, monter, diffuser, publier, s’écouter et s’évaluer.

Conclusion

Le langage oral doit donc être mobilisé dans l’ensemble des disciplines, tout en étant objet d’apprentissage. Ce tableau précise les caractéristiques de chacune des conduites discursives (raconter, décrire, expliquer, …).

Eduscol : Les conduites discursives

Je vous propose à présent de lister des activités à mener en classe dans les différentes disciplines, selon les différentes conduites à développer :
https://padlet.com/julie_meunier/6b1hrkmk1gam

Ce travail collaboratif sera le point de départ du présentiel du 24/04.

L’essentiel des propos de ce document sont issus des documents d’application « langage oral au cycle2 », consultables sur Eduscol. Les documents disponibles sur la plate-forme en cycle 3 permettent d’approfondir ceux-ci.
documents cycle 2
documents cycle 3

Les programmes en langage oral en cycle 3 :

L’article au format PDF pour une lecture papier :