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Rubrique Transversalité

Un outil d’orthographe

Le 27 novembre 2007 - Alain S
Un outil d’orthographe

Quelques idées qui ont guidé la démarche :

- Le code orthographique est général mais l’orthographe est intime . Chacun fait ses propres fautes… il faut donc un outil personnalisé.

- Le code orthographique est une convention pas toujours logique ou explicable ….il faut donc un outil d’imprégnation.

- L’imprégnation, c’est comme l’homéopathie, petites doses souvent répétées, donc
outil à séances courtes mais fréquentes.

- La brièveté élimine l’ennui, il faut donc un outil rapide.

Déroulement :

Chaque fois qu’un enfant fait une erreur orthographique dans un écrit quelconque (texte libre, lettre, exposé, recherche, compte-rendu, message, poème, etc…), noter le mot ou l’expression sur un post-it, avec le prénom de l’enfant dans un coin. Consacrer quelques secondes d’explication pour une erreur d’accord, rien pour un mot d’usage. L’enfant corrige l’erreur et va fixer le post-it dans un endroit réservé de la classe. En fin de semaine, chacun récupère ses post-it dans la collection pour ajouter les mots dans sa feuille d’apprentissage.

La feuille d’apprentissage :

Chaque mot ou expression est inscrit sur une ligne avec un numéro.
Consigne stricte : il ne doit pas y avoir d’erreur sur cette feuille.

L’apprentissage :

Fréquence : tous les jours , deux fois par jour.

Durée : 4 minutes , pas plus, chrono en main.

Consigne : On lit les mots de sa feuille les yeux ouverts puis on les mémorise , les yeux fermés.

Liberté

    • On apprend le nombre de mots que l’on veut.
    • Il va falloir écrire ces mots sur une feuille volante.
    • On démarre ensemble au signal du contrôleur de temps et on arrête tous ensemble.
    • Ensuite, l’enfant se corrige lui-même au regard de sa feuille d’apprentissage.
    • Au terme de trois séances de ce style, c’est la séance test.
    • Chacun prend la feuille du voisin et ils se dictent mutuellement.
    • Chacun arrête son « dicteur » quand il le souhaite.
    • Correction rapide du maître : mots erronés, barrés ! On ne corrige pas. L’enfant met une croix sur sa feuille d’apprentissage devant chaque mot juste.
    • Au bout de plusieurs tests, lorsqu’il y a trois croix en face d’un mot, l’enfant le surligne en couleur. Ce mot sort alors du champ d’apprentissage.. Les progrès sont visibles sur la feuille d’apprentissage.
    • Périodiquement ces mots sont soumis à un test mémoire. S’il y a à nouveau échec, ces mots reviennent sur la feuille d’apprentissage.
      ( S’il y a en classe un plan de travail par élève, indiquer le nombre de mots ou d’expressions acquis. Ce nombre est toujours plus grand que la fois d’avant... valorisation !)

Exemple de feuille d’apprentissage :

PRENOM : ……………………….

x x
1 Nous mangeons


20 L’attente
x

2 Elle est tombée x x x 21
De beaux instants



3 On y va


22
x x x 4
Un buffet



23



5 Un crâne dur


24



6 Des expressions


25
x

7 Il ne faut pas


26
x x
8 C’est ennuyeux


27



9 Tout à coup


28



10 Ça va vite


29

Constat :

Cet outil ne tient compte que des réussites. (Un échec, c’est seulement une future réussite)

Cet outil permet de faire entre 40 minutes et une heure d’orthographe par semaine sans aucun ennui.

La feuille d’apprentissage permet un constat toujours positif des progrès accomplis. Les échecs ne sont pas comptabilisés, seules apparaissent les victoires.

Inutile de perdre son temps sur des exercices aussi stériles qu’ennuyeux car à longue échéance, c’est tout le programme qui défile sur la feuille d’apprentissage.

Et quel plaisir de rayer une erreur surmontée, on grandit à chaque fois.

A remarquer toutefois que cet outil est avide d’écrits, de productions, d’expressions. Il s’en nourrit. Ca ne peut pas fonctionner dans des endroits où l’on écrit sur commande.

Mais les Instructions Officielles de 2002 sont claires sur ce point : « Cycle des approfondissements – domaines transversaux – Chaque activité pédagogique, chaque situation scolaire sont autant d’occasions d’un travail sur l’expression – cf. page 33 »

Ainsi que le socle commun : « Faire accéder tous les élèves à la maîtrise de la langue française, à une expression précise et claire à l’oral comme à l’écrit relève de l’enseignement du français mais aussi de toutes les disciplines. Chaque professeur est comptable de cette mission prioritaire. »

Pour faire la chasse "aux fautes", il faut qu’il y ait de grands espaces d’écriture. On ne chasse pas dans les réserves !

Avec cet outil, on ne s’embarrasse pas de cailloux sur la route de l’écrit. On met les cailloux sur le bord du chemin, on les concasse petit à petit, sans nous abîmer les pneus.

(merci à Michel Barrios, instituteur I.C.E.M. (Institut Coopératif de l’Ecole Moderne – Pédagogie Freinet) qui utilise cet outil depuis plus de dix ans dans sa classe)

A.S.L.