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Rubrique Transversalité

Du Projet d’école... (Extraits de « Lettre à un jeune professeur » de Philippe MEIRIEU)

Le 21 septembre 2008 - Alain S

Du Projet d’école...

Extraits de « Lettre à un jeune professeur » de Philippe Meirieu (page 31 et suivantes)

éditions ESF 2005

Si le projet d’école est un simple « machin organisationnel » qui vient s’ajouter à votre travail quotidien, alors, il n’a aucun intérêt. Pire encore, s’il régente votre enseignement dans les moindres détails, il vous dépossède de vos légitimes prérogatives et vous coupe de de la source même de votre activité.

En effet, sur la forme, voilà une littérature bien convenue qui compile souvent constats sans intérêt et injonctions générales et généreuses, extraits de textes officiels et lieux communs éducatifs. On y déclare prendre en compte « la spécificité des publics » et « viser le développement optimal des aptitudes de chacun » par « une pédagogie plus adaptée ».
Parfois, on s’aventure dans des registres plus précis en se fixant comme objectifs l’amélioration des performances en lecture, un meilleur accueil des familles, le développement de la culture scientifique et technique ou la mise en place d’études dirigées...

Tout cela est rarement débattu sur le fond et finalement voté ...pour devenir les « tables de la loi ».

Mais il n’y a rien de fatal à cela.

Un projet peut être , tout au contraire, un cadre pour exprimer sa liberté et son inventivité.

A condition toutefois de le comprendre comme une occasion de réflexion et de confrontation sur le coeur même du métier.
A condition d’accepter que ni les principes nationaux imposés légitimement par l’institution, ni le diagnostic sur les besoins spécifiques et les ressources locales ne permettent de savoir ce qu’il faut mettre en oeuvre pour transmettre les savoirs et accompagner les élèves dans leurs apprentissages.

C’est pourquoi il faut s’emparer du projet d’école afin d’y mettre au centre l’événement pédagogique.

Ne jamais oublier que c’est de transmission qu’il s’agit, donc de rencontre avec la culture des hommes.

Ne pas se perdre dans les délires organisationnels mais se donner des projets qui supportent notre désir d’enseigner et suscitent la volonté d’apprendre des élèves.

Dès lors que le projet n’est pas « un bidule administratif » mais un investissement commun dans un objet culturel, il permet d’engrener désir d’apprendre et volonté de transmettre.

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Une semblable réflexion devra animer l’émergence du futur projet ZEP.(R.R.S.)

Alain SAINT-LEGER